12 octobre 2010

'Les cuivres ardents et les éclats bourboniens de la musique militaire étaient étouffés sous les hourra.' [Honoré de Balzac]

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[Le dimanche 19 septembre 2010 à Elbeuf - 76]

"« Allez… hop… hop… hop ! Faut y aller, maintenant ! » Charles est face au nœud coulant qui se balance à la poutre de la salle à manger. « Allez mon grand, faut faire le grand saut… Hop ! » s’encourage Charles pour monter sur le petit tabouret, acheté deux jours plus tôt aux puces avec la corde. En passant le pied gauche sur son estrade, il se dit que ça lui aura coûté un bras de se foutre en l’air. Un tabouret miteux : quinze euros et une corde de cloche : trente euros… « Un total de quarante-cinq euros, mais où va-t-on ? » s’exclame-t-il en mettant son pied droit sur le tabouret.

 Les yeux en l’air, il lance « Merde la corde, trop haute ! » Il sautille acharné à mettre fin à ses jours, sur son tabouret qui craquelle sous son poids. Tous ses efforts sont vains. Il abandonne, redescend de la scène. Il prend un verre de Téquila assis sur le tabouret de sa mise à mort.

 Il soupire dans un dernier craquement du tabouret qui le fait renverser vers l’arrière. La tête vient rencontrer le coin de sa table basse dans un son sourd d’ouverture d’un pot de confiture. Le sang s’écoule le long du pied de la table pour former un lac sur moquette verte pomme. Charles perd connaissance et petit à petit la vie. Il a réussi, mais à quel prix ?

 Tabouret non réutilisable : quinze euros. Corde même pas utilisée : trente euros. Table basse pas prévue : cent cinquante euros.

 Ça coûte cher de se foutre en l’air…"

                                                                                                                                                                           Ké20

                                                                     

Posté par Aurel_L à 23:23 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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